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Institut Estagiel
1875 - Une école élitiste qui renferme de bien sombres secrets...
 
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Début de tempête
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Louise Dantois
Elève


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MessagePosté le: Jeu Aoû 31, 2006 10:37 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise arriva la tête toujours aussi remplie de questions dans les jardins. Son regard ne cessait de passer d'un côté à l'autre d'un petit sentier de gravier blanc, sur toutes les fleurs et arbustes qui le jouxtaient. Malheureusement, son esprit n'était pas tourné vers la beauté de ces plantes mais bien sa rencontre plus que marquante avec ce monsieur Valère. Pourquoi fallait-il qu'elle gâche à chaque fois une occasion de parler avec quelqu'un ? Pourquoi pleurait-elle à chaque fois que quelque chose éveillait un quelconque souvenir ? Et pourquoi s'en faisait-elle ainsi ? Il y avait bien d'autres élèves dans cet institut et Hugo ne serait sûrement pas le dernier, mais elle était quand même peinée de devoir se dire que toute relation qu'elle avait débutée avec quelqu'un se finissait par un échec. Constatation plutôt affligeante. Louise chassa donc toutes pensées qui concernaient Hugo, et le moment qu'elle avait passé dans cette salle commune.

Essayant de se changer les idées, Louise s'arrêta près d'une composition florale des plus originales. Des lis accompagnées de douces chrysanthèmes et des habituelles roses. Un moment pensive devant ces fleurs, la jeune fille caressa du bout des doigts une pétale de rose et retira très vite sa main. Elle ne voulait pas que ses gants soient tachés si vite. Ecartant une de ses mèches de cheveux, elle leva la tête vers le ciel, attentive à un quelconque signe de pluie. Non, il n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait observée. Toujours aussi sombre et rempli de ces nuages aux nuances grises caractéristiques à la tempête. Un vent se leva, soulevant ainsi gracieusement et élégamment la robe que portait Louise assez pour laisser découvrir ses portes-jartelles. La courtisane ne fit aucun geste pour la tenir contre elle, étant d'abord seule et ensuite elle n'avait aucune envie de se fatiguer inutilement.

Laissant donc le courant soulever à la fois sa robe et ses cheveux, elle continua son chemin sereinement, un peu calmée par l'atmosphère pluvieuse de l'endroit. Louise aimait la tempête avec tout ce qui l'accompagnait. Le bruit des feuilles s'agitant, la pluie autant salvatrice que dévastatrice et ces couleurs... Toujours dans cette nuance grise particulière, comme remplie de promesses. Elle arriva enfin à un large cercle où se trouvaient une fontaine et quelques tables entourées de chaises. Louise fit quelques pas pour se retrouver près de la fontaine et de s'asseoir à ses bords. Ses yeux observèrent l'onde douce de l'eau qui serait bientôt agitée par les gouttes qui tomberaient. Détournant les yeux de l'eau, elle détailla les autres meubles. En fer forgé, les chaises avaient l'air solides mais à la fois si délicates. C'était un travail minitieux et l'artiste qui les avaient forgées n'était pas un amateur. Vraiment cet Estagiel intriguait de plus en plus Louise.

Pourquoi s'intéressait-il à des gens comme elle ? Que venait faire une catin dans un lycée d'élite ? Elle n'avait pas encore vu d'autres élèves que Hugo mais ça ne saurait tarder, elle se forgera une vraie opinion à ce moment. La pensée douloureuse de sa rencontre avec le jeune homme lui revint à l'esprit et elle s'empressa de l'enfouir le plus profondément qu'elle le pouvait. De son regard toujours habituellement mélancolique, ses yeux se posèrent de nouveau sur l'eau de la fontaine et elle ne tourna plus son regard, se laissant bercer par le bruit des feuilles dans le courant si traître du vent.

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MessagePosté le: Jeu Aoû 31, 2006 10:37 pm    Sujet du message: Publicité

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Anis De Narin
Elève


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MessagePosté le: Jeu Aoû 31, 2006 11:23 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Premier jour à l’Institut Estagiel, un semblant de visite des lieux et, déjà, Anis avait l’impression d’être là depuis… des lustres. Mais malgré tout le temps qu’il avait l’impression d’avoir passé ici, il n’avait pas mit les pieds au jardin et c’est là qu’il déboucha, heureux d’être enfin à l’air libre. L’air… il y en avait même beaucoup. En fait, c’était même un jour de grand vent. En riant, Anis rattrappa son chapeau qui s’envolait. Les pans de son costume, couleur encre, voletaient également. Pour il ne savait quelle raison, cette image lui donnait une impression de liberté. Comme s’il avait pu, lui aussi, voler avec le vent et partir. Partir où ? Il n’était même pas malheureux, ici, et il n’aurait pas eu ailleurs tout ce qu’il avait ici. Il avait voulu une cour, des amis à la pelle, il avait eu tout ça. Nouveau à l’institut, il perdait ses atouts mais les regagnerait sûrement vite. Alors qu’ailleurs ? Dans un autre milieu, il aurait dû travailler, ce en quoi il n’était pas très doué. Il choquait parfois les bourgeois mais la pauvreté lui allait mal.

A l’autre bout du jardin, il repéra une jeune fille. Elle était charmante mais bien jeune, elle ne devait pas être plus vieille que lui. Il nota distraitement que sa robe, soulevée elle aussi par le vent, laissait apparaître ses jaretelles. Très courte, comme robe… Plutôt contraire à la mode du moment, qui ne supportait pas qu’on montrât ses chevilles, mais il n’allait pas s’en plaindre… Elle avait de jolies jambes, et de jolis cheveux aussi. Comme un jeune homme d’honneur comme lui n’allait pas rester à mater (XD) il se dirigea avec elle, non sans observer chacune des fleurs. Il lorgna même quelques roses qu’il eût été élégant d’offrir, mais il n’osa pas les cueillir. Une fleur qui manquait au bosquet, avec une telle minutie dans la composition, ne manquerait pas de se remarquer.

Il s’arrêta néanmoins, cueillit une pâquerette qui n’avait rien à faire là et la glissa sur son haut de forme, attachée par le ruban gris. Il fit mine de flâner encore quelques instants, se penchant de temps à autres pour sentir les parfum de ces compositions – les roses, en particulier, exhalaient un parfum délicieux – puis se rappella enfin ce qu’il avait l’intention de faire et arriva bientôt à la hauteur de Louise – qui de plus près avait également de jolis yeux. Il prit sa main, y déposa un rapide baiser, et esquissa une révérence.


« Mademoiselle… »

Peut-être en faisait-il un peu trop ? Mais après tout, cet institut rassemblait l’élite, et l’élite se devait d’avoir des manières. Ne valait-il pas en avoir trop que pas assez ? C’était bien son genre… Surtout avec des jeunes gens et filles dont il aurait aimé avoir l’estime. Et puis c’était tellement romantique, ne serait-ce que pour la scène, une promenade dans un jardin ! Dans ces circonstances, il la voyait un peu comme une princesse de contes de fées. Une princesse qui aurait eu une robe assez courte…

« Vous êtes une élève, je suppose ? Enchanté de vous rencontrer. »
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Louise Dantois
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 12:02 am    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise, perdue dans ses pensées, remarqua nénamoins tout de suite un homme sortant de l'institut pour sûrement prendre l'air. Quelque peu ennuyée, elle l'observait du coin de l'oeil pour voir et espérer qu'il ne l'avait pas vue. Quand le chapeau du gentilhomme s'envola, il courut après en faisant ce que Louise aimait voir faire les autres : il riait. Elle aurait tant voulu savoir rire. Malheureusement, Louise n'avait jamais su. Même petite, elle gardait toujours cette moue sérieuse et ses yeux mélancoliques. Les années n'y avaient rien changé. Maintenant seul une sorte de petit sourire flottait sur ses lèvres, mais il était faux, ce n'était pas un de ses vrais sourires qu'elle ne sortait que très rarement. La ribaude préférait de loin être sérieuse et enfouir ce sourire qui ne servait qu'à aguicher les hommes durant les heures qu'ils avaient payées.

Elle continuait de le regarder discrètement, écoutant avec un réel désir ce rire qu'elle ne possédait pas. Bien vite, il la repéra. Louise fit semblant de ne rien remarquer et elle reporta son regard sur la fontaine, l'espionnant néanmoins toujours avec autant de discrétion. Si il la remarquait en train de l'espionner, non seulement toute conversation serait difficile mais en plus ce gentilhomme ne tarderait pas à lui bâtir une réputation plutôt mauvaise. Très vite, elle détailla l'homme qui semblait se rapprocher. Grand et maigre, Louise savait pertinemment qu'elle ne devait atteindre qu'une faible taille à côté de lui. Les cheveux étaient bruns et plutôt longs par rapport à ce que la mode 'exigeait'. Ses yeux n'étaient pas d'un simple marron, non... A l'intérieur se distinguaient des reflets dorées et roses... Souriant très légèrement à ce détail, Louise le regarda se mettre une petite pâquerette dans son haut de forme. Louise apprécia la couleur de son complet, d'un bleu d'encre profond et confectionné avec des tissus d'excellentes qualités. Après ce court examen, la jeune fille connaissait la classe de ce jeune homme. La noblesse... Elle en était sûre et certaine.

Le laissant s'approcher encore, Louise sentit nénamoins son coeur battre plus vite que d'habitude. Après l'incident avec Hugo, qelle espérait ne pas commettre les mêmes erreurs. Se calmant très vite, elle retrouva son sang-froid habituel et fixa de ses yeux mélancoliques et tristes, le noble. Il lui prit la main et déposa un baiser, ce qui étonna Louise. Elle était peu habituée à ses formules de politesse que les personnes avaient pour l'instant envers elle. Peut-être pourrait-elle recommencée une vie ici ? Et s'en sortir ensuite pour s'échapper de la vie de débauche qu'elle avait vécue ? Ah ! Encore un de ses plans fous pour sauver son âme ! Elle n'y arriverait jamais, quoique qu'elle fasse, elle restera ce qu'elle est : une prostituée. Il poursuivit le protocole en faisant une révérence que Louise ponctua d'un léger mouvement de la tête.

Il supposait qu'elle était une élève ?! Louise tourna cette phrase dans tous les sens. Que pourrait-elle être d'autre ? Une domestique ? Un professeur ? Non, aussi ridicule soit-elle, elle ne devait ressembler qu'à une élève, surtout avec ses airs perdus et son physique d'adolescente un peu trop dévoilé. Elle le regarda avec gentillesse et parla doucement, comme elle le faisait si bien.


« Effectivement, je suis une élève... Je m'appelle Louise Dantois. Je suis également enchantée de faire votre connaissance. »

Elle inclina la tête dans un mouvement gracieux et invita l'homme à s'asseoir si il le désirait. Non pas qu'elle avait envie qu'il reste, mais ne serait-ce que pour respecter la politesse. Aussi, bien que Louise ne voudrait jamais l'avouer, la curiosité la démangeait. Cet original entraînait beaucoup trop de questions pour qu'elle puisse se permettre de le laisser s'échapper. La jeune fille laissa son regard survoler ce monsieur avant de faire ce qu'elle appelle son regard souriant. Un regard pétillant de malice avec une pointe de douceur et de gentillesse dedans. Un regard qu'elle accordait facilement, compensant son incapacité à étirer les lèvres pour former cet alignement de dents étrange.
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Anis De Narin
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 01:48 am    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise Dantois. Ces mots tournoyèrent quelques instants dans sa tête, comme des feuilles mortes ballotées par le vent ou plutôt comme des flammes, qui s’éteignirent peu à peu. Son visage, pourtant charmant, ne portait pas de vrai sourire. Cette expression de tristesse, de lassitude ou tout simplement d’indifférence donna au grand jeune homme l’envie de s’intéresser à Louise. Plus précisément de faire sauter cette expression et de voir ce qui se cachait derrière. Une certaine fragilité, peut-être : son air si gentil et doux lui donnait l’impression qu’elle allait s’envoler au moindre coup de vent – ce qui ne manquait pas ce jour là. Mais peut-être se trompait-il… Les apparences étaient parfois trompeuses, il était bien placé pour le savoir : qui aurait deviné que, sous ses apparences de jeune homme assuré et élégant, il était vulnérable aussi ?

« Anis de Narin. » répondit-il, ce qui était la moindre des choses.

Puisqu’elle l’y lui invitait, il s’assit lui-aussi sur le rebord de la fontaine, pas trop près d’elle car c’était tout de même un gentleman. Il n’était pas fatigué mais il devait déjà, lorsqu’elle était debout, la dépasser de 30 centimètres, alors ce n’était pas la peine d’accentuer ce contraste ! Obligé de se pencher pour lui parler, il se sentait un peu ridicule. C’était là l’une de ses amusantes particularités : alors qu’il se permettait des excentricités plus grandes les unes que les autres, il était timide et gêné sur certains détails, totalement insignifiants. Ma foi, c’était sûrement mieux que le contraire… Mais c’était tout de même étrange. Enfin, il n’en était pas à une contradiction près.

Mademoiselle Dantois souriait avec les yeux, ce détail ne lui échappa pas. Sourire avec les yeux… C’était sympa. Mais ça contrastait drôlement avec son visage toujours inexpressif. A part les yeux, donc. Jolie couleur, d’ailleurs, il l’avait déjà remarqué. Il avait l’impression qu’elle avait un bout d’océan dans les yeux. Il n’avait vu qu’une fois l’océan, à 8 ans, mais c’était bien cette couleur là. Il se mit à imaginer Louise sur une plage de Bretagne, de l’eau jusqu’aux chevilles. L’océan aux chevilles. Il aimait bien cette phrase. Comme avec le vent, ça sonnait évasion. Et comme avec le vent, c’était beau mais ne voulait rien dire, pour lui en tous cas.

Est-ce que pour elle cela voulait dire quelque chose ? En voyant sa robe, ses gants, ses bas même, il n’arrivait pas à dire à quelle classe elle appartenait. Elle n’était pas pauvre, si l’on en voyait sa robe impeccable aux délicates broderies, ainsi que ses gants. Mais une noble n’aurait jamais montré ses jambes ainsi, une bourgeoise sûrement pas non plus. Non, franchement, ça ne lui disait rien… sauf peut-être de vagues souvenirs que l’alcool avait rendu incertains… C’était le genre de robes que mettaient les prostituées, dans les maisons closes chères où allaient les nobles et les bourgeois.


*Bon, on va éviter de dire ça et de vexer la demoiselle… Je ne pense pas qu’elle apprécie que je compare sa robe à celle d’une prostituée. En plus je ne suis pas vraiment censé fréquenter ces endroits… Mais ça on s’en moque.*

« Quel cadre magnifique pour des étudiants ! »

Cette phrase lui fut hautement désagréable. Banalités et lieux communs, se réfugier dans les conventions et le protocole par peur de n’avoir rien à dire, c’était minable ! Il se reprit, tentant d’en savoir un peu plus sur l’adolescente.

« Vous ne souriez donc jamais qu'avec les yeux ? »

Remarque prématurée s'il en était, mais c'était toujours plus intéressant que de parler de la pluie, du beau temps et du paysage. D'ailleurs, dans cet institut, il y avait l'air d'y avoir des gens intéressants...
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Louise Dantois
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 11:03 am    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise laissa son regard un peu dériver sur la gauche pour observer une chêne qui devait sûrement avoir déjà plusieurs siècles derrière lui. Fort, droit, imposant, elle aurait tellement voulu posséder cette même force. Louise le savait qu'elle était plus que fragile sur certains points. Sa rencontre avec Hugo confirmait cette idée et la renforçait dans sa décision. Peut-être devait-elle éviter tout contact avec les autres ? Peut-être... était-elle trop sensibles sur certains sujets ? Mais le problème dans tout ça, c'est que une fois que quelqu'un mettait le doigt dessus, il se hâterait d'en parler aux autres et Louise voulait à tout prix éviter cela. Que pouvait-elle y faire ? Elle n'avait jamais été courtisane par choix, ce fut sa mère qui décida pour elle. Mais si quelqu'un le découvre, serait-elle rejetée ? Par certains oui. Par beaucoup même. Mais au fond, Louise espérait qu'il y aurait au moins une personne qui la comprendrait. Pensées folles qu'étaient les siennes. Elle ne pourrait rien y faire. Juste espérer.

Espérer que ce mot sonnait faux à ses oreilles. La jeune fille haïssait ce mot. Elle n'avait fait qu'espérer que quelqu'un l'aiderait un jour. Espérer que son père arrête. Espérer que ce n'était qu'un rêve et qu'elle se réveillerait bien un jour. Non, ce mot ne voulait plus rien dire pour elle. L'espoir n'avait rien changé à sa vie jusqu'ici alors pourquoi en avoir ? Les hommes étaient bien pitoyables. L'espoir ne faisait rien, c'étaient juste les actions de certains qui aidaient d'autres et en aucune façon un sentiment tel que l'espoir avait quelque chose à avoir là-dedans.

En entendant le nom de son mystérieux interlocuteur, Louise ne put s'empêcher d'avoir une moue satisfaite, qu'elle réprima d'ailleurs aussi vite qu'elle était apparue. Elle avait vu juste. Si elle se basait sur le nom, Louise réussissait une fois de plus à mettre le doigt sur la classe. Toute contente, elle ne montra pourtant en rien ses émotions et écarta ses cheveux d'une de ses épaules, comme elle avait l'habitude de le faire. Il s'assit à côté d'elle, à une distance respectable et Louise le suivit des yeux. Qu'est-ce qu'il était grand ! Ou serait-ce le contraire ? Serait-ce elle qui est vraiment petite ? Suivant un moment le cours de ses pensées, la prostituée remarqua néanmoins l'examen qu'elle passait sous les yeux de ce monsieur de Narin. Curieux, vraiment curieux. Pendant un moment, Louise s'était dite qu'il l'avait percée à jour, d'un coup, juste en la regardant. Détail assez troublant à ses yeux. Si quelqu'un savait sa nature juste en lui jetant un coup d'oeil, comment allait s'annoncer cette année scolaire ? Pas des plus bonnes en tout cas.

Quand il prononça une de ses phrases qualifiée de banalité, Louise s'amusa. Ce noble était-il donc tellement attaché au protocole qu'il ne s'en défaisait pas ? Mais, devrais-je dire heureusement ? Il écarta tout de suite cette idée quand il continua de parler comme si le jeune homme se reprenait. Louise ne fut pas pour autant rassurée par cette constatation car il lui posait une question sur elle. Sur elle. Vraiment, elle n'avait aucune chance aujourd'hui. Tout le monde avait-il décidé de la couler ? Le premier jour dans ce lycée ? En tout cas, si c'était ainsi, ils étaient sur la bonne voie. Le pire sujet à aborder, c'était celui-là et elle n'allait quand même pas l'éviter par une autre question. Ca ne faisait décidément pas sérieux. La jeune fille posa ses yeux dans ceux de ce noble avec douceur, mais le considéra gravement.


« Mes yeux sourient à la place de mes lèvres. Il m'arrive de sourire normalement, mais cela m'est bien difficile et la plupart sonnent si faux. Alors je préfère sourire ainsi, sincèrement, que d'offrir quelque chose de laid et qui ment sans le vouloir. Pourquoi ? Vous préférez les émotions fausses ou plus faciles à analyser ? Si cela est la cas, je peux vous souhaiter bien du plaisir, monsieur de Narin. Car dans notre monde, vous en aurez besoin...»

Si le ton qu'elle avait employé n'avait pas été très gentil et mesuré, on aurait pu croire qu'elle l'attaquait. Non, Louise voulait juste qu'il comprenne que certaines personnes ne pouvaient pas sourire. Elle-même n'y pouvait rien, elle avait tant essayé et essayé devant son miroir, que finalement cela était de plus en plus laid au fur et à mesure de ses essais. Louise savait pourtant exprimer une émotion par ses yeux. Son visage restait neutre et même plutôt triste mais ses yeux, eux, exprimaient ses vrais sentiments. Une chance ou une malédiction ? Elle ne saurait le dire. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'est d'être contente de ce qu'elle avait et de ne pas pleurer sur ce qu'elle ne possédait point. Elle aurait bien voulu ponctuer ses phrases d'un de ces sourires faux pour lui montrer, mais l'envie lui manquait et pourquoi se justifierait-elle à lui à ce point ?

La catin décrocha son regard de celui d'Anis et survola à la place la ciel. Toujours aussi gris, toujours aussi nuageux. L'ambiance devenait électrique et un orage ne tarderait pas à éclater. Si il pleuvait, Louise irait juste s'asseoir à l'abri des arbres un peu plus loin, mais si des éclairs commençaient à tomber, elle rentrerait dans l'institut, cette bâtisse encore plus impressionnante dehors que dedans. mais tout cela dépendrait aussi de la suite des évenements.

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Anis De Narin
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 12:20 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

La demoiselle se rétractait. Avait-elle mal prit la question du jeune homme ? Mais c’était encore presque une banalité ! Il n’allait pas se mettre à parler de la pluie et du beau – du mauvais, à ce moment-là – temps ! Il la regarda et, d’un ton courtois, tenta de la rassurer. Ce n’était pas ce en quoi il était le plus doué et il espérait qu’elle ne lui en veuille pas – cela l’aurait profondément déçu.

« Ce n’était qu’une question, mademoiselle Dantois. »

Sa voix avait été un peu plus ferme qu’il ne l’avait voulu, mais il en avait un assez bon contrôle pour que Louise ait pu y percevoir de la douceur. Il planta ses yeux dans ceux de la jeune fille et tenta de sourire avec, ce qui eût surtout pour effet de faire ressortir le rose. Elle l’intéressait suffisamment pour qu’il passe outre ses derniers mots, qui avaient blessé son orgueil. A vrai dire, même s’il se vexait facilement, il en faisait rarement montre car il ne voulait pas, pour des raisons si futiles, rompre le contact avec un ami potentiel. Et une bonne partie de l’humanité était un ami potentiel.

Il aurait voulu la faire rire. Avec les yeux, peut-être, mais un vrai rire, plus qu’un sourire gentil. Mais comment ? Ils n’allaient pas jouer, comme des enfants. Certes, il savait jouer aux cartes – surtout au poker en fait, et pas très bien – mais ce n’était pas utile pour déclencher des fous rires. Pourquoi voulait-il la rendre joyeuse à ce point ? Pour lui faire plaisir, sans doute, mais aussi une motivation qu’il ne lui aurait pas avoué… Dans le rire, les gens se dévoilent. Et comme avec la plupart des gens qu’il rencontrait, il voulait la connaître… Et la « savoir » aussi, comprendre son système, ses pensées. Mais que fallait-il dire, pour ne pas la blesser ?


« Cela vous gênerait-il si je vous demandais la ville dont vous venez ? Peut-être nous sommes nous déjà croisés, il paraît que tout le monde connaît tout le monde par quelques personnes interposées… »

De peur qu’elle ne se dérobe à nouveau devant cette question – la plus anodine qu’il ait trouvé, puisqu’il n’avait pas souvenir de l’avoir déjà vue – il fit passer par ses yeux non de l’inquisition mais de la confiance. Il était moins doué qu’elle à ce petit jeu là, mais il arrivait à transmettre quelque chose, ce qui n’était pas étonnant avec quelqu’un d’aussi « mondain » que lui. Enfin, mondain n’était pas le mot… Il était à des kilomètres des hommes de salons qui se prêtaient scrupuleusement au jeu de la mode et ne dépassaient pas les conventions… Mais il avait, comme eux, besoin d’une petite cour. Si la politique l’avait intéressé, il eût été un nouveau Louis XIV.


« Et vous, mademoiselle ? Si d’aventure mes questions vous gênent, n’hésitez pas à vous même en poser… »

Regard confiant, à nouveau. Qu'elle lui pose elle-même des questions était peut-être l'option la plus sûre...

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Louise Dantois
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 03:16 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise le regarda de nouveau en entendant sa réponse. L'avait-elle blessé ? Tout de suite, Louise se sentit non seulement honteuse mais également gênée qu'elle soit aussi agressive quand il fallait qu'elle réponde à des questions, aussi anodines soient-elles. Le ton ferme qu'il avait emprunté était néanmoins comme douloureux ce qui fit que la jeune fille devint de plus en plus honteuse, mais elle ne ontra toujours aucune émotion particulière, attentive aux faits et gestes de son interlocuteur. Il planta les yeux dans les siens et tenta de sourire comme elle, ce qui eut pour effet de renforcer ces reflets roses qui s'y trouvaient. Amusée par cet essai, les coins des lèvres de Louise s'étirèrent légèrement avant qu'ils ne retombent toujours aussi délicatement. Elle aimait bien cet homme qui s'adaptait facilement. Louise avait été à peu près sûre qu'elle l'avait vexé ou tout au moins touché une corde sensible mais il passa outre et continua de lui parler.

Légèrement méfiante mais pas au point de ne plus lui adresser la parole, la jeune fille se demanda quand même pourquoi est-ce qu'il voulait absolument lui parler. Après tout elle n'était pas si intéressante que cela. Mais elle n'allait pas s'en plaindre et une conversation était toujours la bienvenue chez elle, elle qui ne discutait qu'avec les catins de sa maison close qui n'avaient pas vraiment des sujets très variés. L'homme qui était assez près maintenant offrait une autre vision de sa personne. Ses yeux avec des cils plutôt fournis mais pourtant surmontésde sourcils fins et droits lui donnaient un air étrange mais d'une certaine façon séduisant. En fait, il était en général élégant, mais tout en lui semblait vouloir être contraire à la mode du moment. Un original ? Excentrique ? Louise ne savait quel adjectif lui donner, elle le trouverait certainement plus tard, au fur et à mesure de leur discussion.

Il lui posa une nouvelle question. La ville d'où elle venait ? Cela ne lui permettrait-il pas de connaître son passé ou tout du moins la débauche qu'il contenait ? Et la suite ne fit que la faire rire intérieurement et amèrement. pas personnes interposées il pouvait la connaître... Elle ne préfèrait pas. Qui n'avait pas fréquenté Louise la courtisane, une des prostituées dont le nom étaient murmurés entre les hommes et dont les services étaient le plus souvent loués ? Elle hésitait. Mais prendre des risques n'était-il pas la base de la vie en elle-même ? Après une hésitation palpable, Louise répondit néanmoins à la question du jeune homme.


« Je viens de Paris...»

Quatre mots ! Décidément, elle battait tous les records de la médiocrité dans une conversation. Continuant d'écouter ce jeune homme qui poursuivait ses paroles, elle vit là peut-être une occasion de se rattrapper. Elle fixa un instant ce regard confiant, qui la détendit un peu et déposa élégamment ses mains sur ses genoux pour empêcher sa robe de se soulever au prochain coup de vent et elle réfléchit au gré de ses envies. Une sort d'illumination vint.

« En fait, monsieur, je suis aussi peu douée pour poser que pour répondre aux questions. Mais ce n'est point pour cela que je ne suis pas curieuse... Et vous, monsieur de Narin... De quelle ville venez-vous ? »

C'était la seule question qui lui venait à l'esprit. Elle résonnait à son oreille comme un manque flagrant d'inspiration. Elle haussa légèrement les épaules à sa propre intention et jeta un coup d'oeil discret au noble avant de baisser son regard pour le repositionner au fond de l'eau de la fontaine ayant un effet relaxant sur Louise.
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 04:19 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Distraitement, Anis effleura de sa main l’eau de la fontaine, ce qui laissa quelques gouttes sur ses gants gris perle. Il continua à promener ses doigts à la surface de l’eau, sans presque s’en rendre compte. Il s’était un peu rapproché de Louise, tout à l’heure, et il voyait bien son visage, maintenant. Elle l’observait, d’ailleurs, à moins qu’elle ne le regarde juste par politesse, parce qu’il lui parlait. Elle avait des sourcils vraiment fin, le jeune homme trouva cela étrange… Sa mère, en noble respectable, ne se maquillait ni ne s’épilait le visage. Le maquillage, il connaissait, il avait fréquenté assez de filles pour connaître, mais les sourcils, voilà qui faisait partie des mystères de l’autre sexe.

Elle venait de Paris. Louise Dantois, Paris… Il se demanda si ce qu’on disait était vrai et par le biais de quelles personnes il la connaissait. Il était encore loin de se douter de qui il s’agissait… Il commença à faire des suppositions, des plus crédibles – ma mère connaît la sienne, elle est amie avec une amie de ma sœur… - aux plus fantaisistes – c’est la fille cachée du voisin d’en face – et il passa même une fois très près de la vérité – elle est amie avec une prostituée dans un bar – mais c’était à cause de la robe que cela lui était venu à l’esprit et il n’imaginait pas le moins du monde que cette version pût être sérieuse.

Louise avait l’air timide, encore, avec ses 4 mots, mais au moins n’avait-elle pas refusé de répondre. Elle n’avait même pas l’air choquée par son aspect hors de la mode, ce qui était un très bon point. Comme elles l’agaçaient les filles de bonne famille qui le snobaient ! Mais ce n’étaient pas les pires, non… Les pires étaient celles qui, pleines de bonnes intentions et sous couvert de lui donner des conseils, lui serinaient des morales bien pensantes. Anis était pour l’égalité des sexes – autant qu’on pouvait l’être en 1875 – mais si c’était pour dire de telles âneries, il valait mieux qu’elles n’osent pas lui adresser la parole parce que c’était un garçon !

« Je viens de Paris également. Qui sait, peut-être nous sommes nous croisés un jour sans nous voir… »

Il pensait « dans la rue », c’eût pu être dans une maison close. Bon, puisqu’elle n’était pas douée, à ce qu’elle disait, pour poser des questions, il allait l’être pour deux. Pour lui, c’était facile. Rester dans le politiquement correct l’était d’autant moins qu’on recherchait souvent sa compagnie justement parce qu’il était incorrect. Chez les jeunes, la rébellion plaisait et si peu de gens l’osaient, Anis fournissait un rêve, un joli miroir où, puisqu’il ne montrait que ses bons cotés, il était plaisant de se retrouver.

« En quelle classe rentrez-vous, mademoiselle Dantois ? Je ne sais pas si les différents niveaux seront ensembles mais puisque vous semblez avoir le même âge que moi, peut-être seront-nous ensemble… J’ai entendu dire que les classes étaient mixtes. C’est étrange et charmant, d’ailleurs. »

La mixité ? Bien agréable pour certains étudiants mais terriblement choquant pour les dames de bonnes mœurs. Le directeur, cet Estagiel, devait être un trublion bien sympathique.

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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 05:49 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise vit l'onde de l'eau quelque peu troublée par un mouvement distrait des doigts du jeune homme. Se retenant de dire à Anis que ses beaux gants allaient être tachés, elle préféra se taire et regarder l'homme pendant qu'il parlait. Ainsi il venait aussi de Paris. Le manque de chance évident ! La jeune fille pria pour que les hommes de cet établissement ne la connurent point ou n'eurent même pas entendu parler d'elle. La réputation était une de ses pires ennemies et elle ne s'en rendait compte que maintenant. Si quelqu'un la connaissait même seulement de nom, cela pourrait éveiller quelques souvenirs assez désobligeants, donc ennuyants. Ele posa sa main sur son front pour diminuer la douleur que lui procurait un mal de tête. Ca ne finira donc jamais ? Quelqu'un voulait-il vraiment sa mort ?

Ressassant quelques pensées assez sombres de meutres et de suicide, Louise laissa sa main retomber pour retenir sa robe de nouveau sous l'emprise du vent. Elle ne put avoir qu'une pensée douloureuse quand il dit qu'ils avient du se croiser sans se voir. C'était presque impossible. Elle ne pouvait sortir que très rarement et lorsqu'elle sortait c'était pour aller chez un client qui pouvait se permettre de lui payer le voyage assez coûteux. A moins qu'il l'ait vue une fois dans une de ses calèches, il était difficile qu'il se soit même croisé une seule fois. Malgré tout, l'idée lui plaisait. Quel esprit embrumé et compliqué qu'elle avait... Une digne représentante de la gent féminine.

Et il parla et posa encore une question. Louise était tellement étonnée d'entendre un flot de paroles sortir de ce personnage en si peu de temps, qu'elle écarquilla les yeux avant d'emettre un court rire presque inexistant. Il ressemblait à un murmure mais était doux et cristallin. Malheureusement on aurait tellement facilement pu le confondre avec un sanglot. Louise hésitait toujours entre ces deux émotions si différentes mais pourtant à ses yeux si proches. Elle pencha la tête sur le côté d'un air enfantin mais gracieux et répondit à ces paroles qui avaient déclenché, aussi improbable que cela est, un petit rire.


« Veuillez m'excuser... Je rentre en seconde... Je pense que vous êtes un peu plus âgé que moi, non ? Mais les classes mixtes est une idée, il est vrai, assez séduisante...»

Se rendant compte que ses paroles pouvaient passer pour incongrues ou même un peu comment dire ?... Inappropriées, elle rougit tout un coup et balbutia rapidement une correction.

« Hum... Enfin... Je voulais dire... Hum... Intéressante...»

Elle passa sa main dans ses cheveux et fuya le regard du noble un instant. Mais vraiment comment avait-elle pu sortir une bêtise pareille ? Se traitant d'idiote en pensées jusqu'à se pincer son oreille recouverte par ses longs cheveux, la catin cacha son état avec toujours autant de talent. Heureusement qu'elle n'avait pas un visage trop expressif sinon elle devrait longtemps s'excuser pour des choses qu'elle ne faisait pas exprès. Une grimace par exemple. Non, sur ce coup-là, elle avait de la chance. Elle releva son visage pour regarder l'homme avec un air d'excuse. Elle ne savait même pas pourquoi elle s'excusait, mais bon autant s'excuser de trop que trop peu.
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 06:37 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Au détour de sa dernière phrase, qu’Anis avait pourtant estimé correcte, un miracle se produit : un rire. La demoiselle avait rit. Un rire court, inaudible, mais qui illumina la scène aussi sûrement qu’un rayon de soleil. L’adolescent esquissa un sourire, mais un horrible doute l’étreignit, qui l’effaça doucement de son visage. Et si ce n’était pas un rire ? Et si c’était un sanglot, ce petit bruit ? L’espace d’un instant, Anis s’en voulut. Il l’avait fait pleuré ? Il se le pardonnerais difficilement, il était déjà si difficile de la faire sourire… Mais non, vu l’air qu’elle arborait maintenant, ç’avait bien été un rire. Une douceur rassurante l’envahit à nouveau.

Elle n’avait que 15 ans, alors ? On pouvait difficilement lui donner moins mais 15 ans, pourquoi pas ? Elle avait un petit air d’enfant, sur le visage… Mais son corps était bien celui d’une femme. Bon, en tous cas, elle ne serait pas dans sa classe. A moins que tous les niveaux ne soient mélangés ? Ce serait vraiment sympathique… Les gens d’exactement son âge n’étaient pas ceux avec qui ils s’entendaient le mieux et les terminales étaient souvent passionants. Oui, les niveaux étaient sûrement mélangés, il n’y avait pas assez de monde pour séparer… Anis bénit le manque d’effectifs.


« Mmm, en effet, j’ai 16 ans. Je rentre en première, mais peut-être seront-nous tout de même dans la même classe. Vous faites plus vieille que votre âge. »
rajouta-t-il sans vraiment savoir si elle allait apprécier ce commentaire.

Comme Louise était amusante, avec sa timidité, ses balbutiements, ses corrections rapides sur ce qu’elle n’osait pas vraiment dire ! Le rouge aux joues lui allait bien, c’était léger mais se détachait sur son visage pâle, lui donnant un air de poupée de porcelaine. Et puis c’était féminin, la timidité, c’était joli sur les jeunes filles. Toutefois, le fait qu’elle considère le mot « séduisante » comme inconvenant faisait bien rire Anis. Elle était bien prude, malgré sa robe, il en avait dit et fait des pires ! Il reprit ses mots, avec un regard complice.


« Vous avez raison, mademoiselle, c’est une idée assez séduisante ! »

Il eût un léger rire. Il espérait pouvoir, au moins, la faire sourire. A moins qu’elle ne soit trop bien éduquée pour goûter la plaisanterie et qu’elle en soit choquée. Allait-elle croire que c’était une grossière tentative de se rapprocher d’elle de façon… inconvenante ? Il espérait que non, elle aurait pu se braquer et ce n’était pas son intention première. Il aurait juste aimé qu’elle se détende un peu, et pouvoir discuter tranquillement avec elle.

*Que les femmes sont compliquées ! Tout comme les gens en général, d’ailleurs. Ils s’imposent des règles ridicules ; ils ne croient pas en Dieu mais fréquentent les églises pour avoir l’air de gens respectables ; ils ont des pensées malsaines mais chacune de leur parole doit être sainte. Ils se rendront eux-même fous !*
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 10:15 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise remarqua qu'Anis doutait de la nature de son rire. Il était vrai qu'il était assez difficile de faire la différence entre celui-ci et des larmes. Heureusement il dut très vite trouver la bonne réponse car aux yeux de la jeune fille, il eut l'air soudain un peu plus... rassuré. Les pensées du noble se tournèrent vers autre chose, ce qui donna l'occasion à son tour à Louise de se changer un tant soit peu les idées. Il fallait juste qu'elle évite de penser à son travail, sa famille, sa nature, sa vie... Donc en clair, ce serait compliqué. Abandonnant tout de suite cette perspective, elle porta son regard vers des feuilles qui bougeaient dans le vent. Eblouie par cette vision, Louise associa tout de suite cette image à un caractère humain, l'adaptation. Se laisser portant par le courant mais toujours conserver sa place voilà ce que c'était.

Son attention fut rappelée à l'ordre quand Anis recommença à parler. Ses suppositions avaient vu juste. Il était d'un an son aîné, mais Louise avait cru qu'il était un peu plus âgé surtout à cause de sa taille. Comme quoi, on ne pouvait jamais avoir toujours raison. Quand il émit l'hypothèse qu'il serait peut-être dans la même classe, Louise espéra que c'était vrai. Elle se sentait à vrai dire plus à l'aise avec des personnes plus mûres ou plutôt quelqu'un qui sait tenir une conversation plus ou moins intéressante. Quand il ajouta qu'elle avait l'air plus vieille que son âge, elle ne savait que dire. Le remercier ? Mais était-ce un compliment ? Se sentir offensée ? Mais avait-ce été son attention ? Non, il émettait juste un commentaire. Mais qu'allait-elle répondre alors ? Elle ne pouvait pas se décider. Louise haussa très légèrement des épaules intuitivement et les mots dépassèrent ses lèvres avant qu'elle ne puisse y réfléchir.


« Ah bon... ? Je ne le savais pas...»

Son ton était à la fois doux et interrogatif. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait ou aurait du dire, mais au fond... elle s'en moquait légèrement. Evidemment quand elle entendit les paroles qui suivirent, elle ne put empêcher ses pomettes de virer au rouge vif. Utiliser ses propres paroles et se moquer ainsi gentiment d'elle était quelque chose que Louise trouvait assez inhabituel. La plupart du temps les gens se moquaient mais alors très méchamment et rajoutaient une gifle ou deux mais là, c'était parti sûrement d'une bonne attention. Quand elle vit et écouta le petit rire de ce noble, Louise se rendit compte du ridicule de son comportement. Ce seul sentiment eut pour effet de faire sourire la jeune fille. Un de ses vrais sourires. Il était timide mais éclatant. Il disparut très vite mais le seul fait qu'il était apparu était déjà un exploit en lui-même. Elle aimait ce petit regard complice que lui avait lancé Anis, mais juste pour rester un peu sérieuse, elle répondit à cette petite provocation anodine.

« Essayeriez-vous, monsieur de Narin, de me faire perdre mes moyens ? Ce n'est pas très sympathique envers une jeune fille qui est de plus d'un an votre cadette...»

Cette phrase qui se voulait sérieuse était tout à fait démentie par les yeux rieurs et pétillants de malice de Louise. Mais ne pouvait-elle donc pas garder ses sentiments secrets ? Non, elle y arrivait parfois mais là elle n'avait, au fond, pas voulu les cacher. Elle fixa d'un air amusé la garçon avant de mettre sa main dans ses propres cheveux et de tripoter d'un air distrait une de ses mèches.
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MessagePosté le: Ven Sep 1, 2006 11:20 pm    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Un petit miracle venait encore de se produire : Louise avait souri. En fait, Anis commençait à douter de ce qu’elle avait dit et de la première impression qu’il avait eu : on pouvait très bien s’amuser, avec cette demoiselle ! Bon, le sourire passait aussi vite qu’une averse en plein été – pas comme cette pluie qui se préparait, là, et qui allait les mouiller d’ici peu – mais sourire il y avait et le cœur du jeune homme en était rempli de joie. Elle n’avait pas vraiment réagi à la remarque sur son âge, mais à bien y réfléchir cela tombait bien puisqu’elle n’appellait pas de réaction. Par contre, la jeune fille avait haussé les épaules… Anis se dit qu’elle l’étonnerait toujours…. Pas si bourge que ça !

Louise répondit à sa petite provocation. Il fit mine de se sentir offensé. Pas sympathique, lui ? En vérité, il jubilait : il était donc possible de plaisanter gentiment avec cette demoiselle ! D’ailleurs il ne savait pas vraiment pourquoi c’était à elle qu’il tenait absolument à parler. Peut-être parce que c’était la seule personne qu’il avait pour l’instant rencontré ? (XD) Il prit un air hautain, démenti par un petit sourire malicieux.


« Voyons mademoiselle Dantois, je n’oserais jamais faire mine d’essayer de tenter une chose pareille ! » protesta-t-il, grimant les formules de politesse et les pseudo-subtilités de la noblesse... formules qu'il utilisait parfois aussi.

Il la regarda jouer avec ses cheveux et, encore une fois, s’étonna de leur longueur. Selon la mode et les convenances, en effet, toutes les jeunes filles qu’il connaissait portaient des chignons serrés. Les seules femmes qu’il voyait, en général, les cheveux détachés, étaient… les prostituées. Il n’osa pas formuler cette pensée, même mentalement, de peur que ne se voit sur son visage qu’il lui trouvait des points communs avec « ces filles ». Mélanger cette robe courte et cette timidité lui semblait, à présent, presque cocasse. Louise faisait de plus en plus partie, dans son esprit, des gens un peu décalés. Il ne l’en appréciait que plus.

Anis allait s’enquérir de ce qu’elle faisait dans la vie, à part fréquenter des cours mixtes dont l’idée était si séduisante, lorsqu’une autre question lui traversa l’esprit et le fit changer de direction. Etrangement, c’était une question qu’il posait toujours à des garçons et jamais à des filles, sans doute parce que les filles n’étudiaient pas. Hors, dans ce cas précis… La mixité abattait des barrières insoupçonnées. Qui sait, peut-être même qu’un siècle plus tard, les deux sexes auraient les même préoccupations ? Même pour le féministe qu’était Anis, cette hypothèse était bien improbable.


« Lisez-vous, mademoiselle Dantois ? »

Il avait utilisé le même ton que s’il avait lui demandé son avis sur la configuration des nuages, mais au moins il l’avait dit. C’était une impression bizarre, de discuter ainsi avec une fille, en dehors des rapports de séduction. Non qu’il n’eût pas de rapports de séductions avec ceux de son sexe, d’ailleurs… Mais c'était différent.
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MessagePosté le: Sam Sep 2, 2006 12:05 am    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise regardait ce jeune homme qui semblait être heureux à cause de quelque chose. Elle ne se doutait absolument pas qu'elle en était la cause. Elle allait presque lui demander ce qui le rendait ainsi joyeux mais réprima son envie. Ce n'étaient pas ses affaires. Quoique... Un epu de curiosité de temps en temps ne lui feraient pas de mal. Quand le noble fit semblant d'être offensé, Louise sentit une petite flamme réchauffer son coeur. Peut-être, finalement, allait-elle pouvoir s'intégrer dans ces élèves qui lui faisaient encore si peur il y a peu de temps. Le jeune monsieur de Narin adopta ensuite un air hautain qui contrastait drôlement avec un petit sourire malicieux qu'il avait sur ses fines lèvres. En fait, tout chez lui était fin. Elle ne s'en rendit compte qu'à cet instant. Comme quoi beaucoup de détails lui échappaient parfois.

La phrase qu'il prononça ensuite était tellement étonante sortant d'une bouche de la noblesse. De son ton on aurait pu croire qu'il se moquait de sa propre classe, comme si il était libre de tout. Un eptit pincement se fit ressentir. Comme elle aimerait ressentir cette liberté... Comme elle aimerait être détachée de tout ce qui la retient prisonnière. Mais penser n'était pas faire et devoir se liguer contre justement ces attaches était plus difficile qu'elle ne pourrait le croire. Elle inclina la tête avec une humilité tout à fait fausse et répondit sur un ton qu'elle n'utilisait que très rarement, un ton hautain, mais toujours aussi démenti par ses yeux qui semblaient amusés.


« Pour cette fois-ci mon pardon vous est accordé... Mais tâchez de faire attention...»

Il l'observa pendant qu'elle continuait à jouer avec sa mèche et, sans savoir pourquoi, elle eut l'impression qu'il était étonné. Louise ne connaissait pas vraiment comment les femmes s'habillaient, elle connaissait mieux la mode masculine, et elle ne savait donc pas que sa tenue et sa coiffure étaient plutôt contradictoire à la mode. Quand il lui posa cette question, une question qui ne lui serait jamais venue à l'esprit, Louise le regarda un brin surprise. D'habitude, les hommes, aussi bien que les femmes, ne lui demandaient jamais pareille information. Cela importait peu dans le genre d'endroits qu'elle fréquentait, mais quand même... Cela la surprenait. Ce gentilhomme devait avoir un esprit assez ouverts pour poser ce type de questions. Après l'avoir considéré un instant, elle répondit d'un air plutôt rêveur.

« Oui, je lis beaucoup... Mon auteur préféré est Honoré de Balzac... Et vous, monsieur de Narin ? Qui est votre auteur favori ? »

Elle passa outre la première question. Il était évident qu'Anis lisait. Louise esquissa un maigre sourire pour essayer de cacher son étonnement. Il était vraiment bizarre de répondre à une telle question. Cela était étrange mais à la fois agréable. Ce fut comme si elle se rendait compte qu'une sorte de nouvel avenir se profilait pour les femmes. Un avenir plus ouvert... plus... libre. Elle posa son doigt sur la pierre de la fontaine et dessina distraitement les contours de celle-ci.
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MessagePosté le: Sam Sep 2, 2006 12:32 am    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Elle entrait dans son jeu, encore. S’il n’avait pas eu un peu de retenue, un grand sourire se serait affiché sur son visage. Mais cela aurait-été totalement hors de propos, aussi n’en fit-il rien. Elle continuait à jouer avec cette mèche. Essayait-elle de les faire boucler ? L’esprit mal informé d’Anis, en ce temps où tout était si privé qu’on informait à peine les enfants qu’ils allaient grandir, échaffaudait 1000 suppositions. Cela servait-il à quelque chose, de rouler ainsi cette mèche entre ses doigts ? C’était la première fois qu’il voyait cela : d’habitude, les jeunes filles se tenaient droites, raides même, et calculaient chacun de leur mouvement.

Louise lisait. Quelle excellente nouvelle ! Cela changeait de ces filles qui osaient à peine le faire, de peur de paraître trop intelligente. De plus Anis, s’il aimait beaucoup de monde et avait besoin de compagnie, avait des critères assez stricts pour accorder son estime. En fait, ces critères se résumaient en un seul mot : culture. Comment admirer un inculte ? La question s’était posée avec plusieurs hommes d’église, et même quelques professeurs. Tout le monde les respectait et leur reconnaissait une autorité. Comment aurait-il pu le faire, s’il ne les estimait pas, et comment aurait-il pu les estimer alors qu’ils étaient si bornés, ne lisaient jamais sinon la Bible et des versions latines ?

« Je lis diverses choses, mais mes auteurs favoris sont Hugo et Balzac. Maupassant, aussi. »

Il se perdit quelques instants, comme figé, dans un moment d’absence. On aurait cru qu’il était plongé dans ses pensées, mais il ne pensait pas vraiment. Lorsqu’il y faisait allusion, avec ses amis, il appellait cela ses « moments en pause ». Il avait été rassuré lorsqu’on lui avait dit que « on » avait des absences aussi, parfois. Lorsqu’il reprit ses esprits, quelques secondes plus tard, il rajouta.

« Je suis heureux que vous lisiez. C’est une valeur qui se perd que celle de la lecture, à moins qu’elle n’ait jamais existé. Tant de gens n’y prêtent pas vraiment d’importance… »

Il faillit rajouter que ces gens préféraient, aux livres, les salons et les discussions mondaines. Mais comme il pratiquait l’un comme l’autre, il se tût.Il pensa que si les gens lisaient, maintenant, c’était pour briller en société. Que s’ils composaient des vers, c’était seulement pour paraître poète, mais qu’ils se gardaient bien de se « débaucher » comme les poètes. Il n’aurait plus manqué que ça ! Les poètes étaient des gens bien admirables… à distance. Ce complexe cheminement de pensées amena Anis à Rimbaud, et à cette poésie de l’adolescence.

« Aimez-vous la poésie, Mademoiselle Dantois ? Rimbaud, peut-être ? Verlaine? Des poètes qui nous sont presque contemporains… Mais peut-être en appréciez vous d'autres... »

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MessagePosté le: Sam Sep 2, 2006 01:14 am    Sujet du message: Début de tempête Répondre en citant

Louise lâcha enfin sa mèche après avoir entendu les premiers mots dece noble. Elle avait remarqué le petit regard quand à ce petit geste sans importance mais auquel il accorda une partie de son attention. La jeune fille aurait aussi bien pu lui expliquer gentiment que c'était pour avoir quelque chose à faire qu'elle faisait ça, juste pour avoir le contact avec sa propre personne, pour s'occuper, mais malheureusement la société ne lui permettait pas. C'était surtout sn éducation qui lui avait laissé une certaine marque. 'Si je n'ai pas posé la question, c'est que je n'avais pas envie d'entendre la réponse ou simplement de t'entendre parler !' C'est ce que lui répétaient si souvent son père lorsqu'elle tentait une approche les rares moments où ils se voyaient.

a la seule pensée de son père, Louise se refroidit instantanément et dut empêcher une grimace de remonter sur son visage. Lui seul détenait ce sentiment qu'elle n'avait offert à personne d'autre. Sa haine. Elle le détestait. Sa mère, c'était différent, Louise ne la détestait pas vraiment, ses sentiments étaient plus proches de l'indifférence mais par contre son père... Lui, elle le haïssait profondément. La violence qu'elle subissait, ce qu'elle était devenue,... à ses yeux tout était de sa faute. Evidemment, elle n'allait pas le porter coupable à tous ses problèmes mais dans de nombreux c'étaient le cas.

Revenant sur terre, elle analysa rapidement les paroles de son interlocuteur. Alors lui aussi aimait monsieur de Balzac... cet auteur, Hugo, ne lui évoquait que peu d'idées, elle n'avait pas du aimer ces oeuvres, mais si il aimait également Balzac cela pourrait être un sujet de conversation interressant. La catin le nota dans un coin de son esprit pour ne pas l'oublier. En cas de dernier recours, elle pourrait proposer ce sujet, mais elle serait alors vraiment désespérée. Quant à Maupassant, Louise n'avait lu que son livre Amour qui lui avait laissé malheureusement un goût amer à la fin. Au fond, elle ne voulait pas aimer mais détestait voir les gens vivre ce sentiment. Louise avait l'impression que ces choses-là n'étaient pas pour elle, que quelqu'un avait décidé qu'elle n'en valait pas la peine. Anis resta un instant comme plonger dans ses pensées que Louise ne troubla pas. Il sembla revenir à peine quelques secondes après et poursuivit.

Ainsi il était heureux qu'elle lise... Curieux personnage... Vraiment étrange... Si différent que Louise commençait à bien l'aimer. Un tel homme ça ne courrait pas les rues ! Du charme, de l'élégance et pourtant cette petite note d'originalité qui manquait aux hommes trop fades de l'époque. Elle n'ajouta rien à ce commentaire qu'elle trouva fort bien formulé mais ne fréquentant aucun salon distinguée et aucune personne de bonne naissance, à part d'une façon peu chrétienne, elle préféra n'émettre aucun avis sur la question qui valait la peine pourtant d'être observée.

Quand il parla de poésie, la jeune fille fut quelque peu ennuyée. Ses connaissances là, par contre étaient très restreintes mais heureusement, comble de la chance, il parla d'un de seuls auteurs qu'elle connaissait : Rimbaud. Elle hocha doucement de la tête et commença seulement à parler.


« Rimbaud est un poète de talent, bien qu'il ait sa vision bien àlui de la poésie et ne se prive pas de critiquer les visions des autres... Il semble déjà depuis son adolescence, une de ces personnes qui aimeraient voyager mais qui n'ont la possibilité que de rester au port et de regarder les navires s'éloigner... Rimbaud est un aventurier dans l'âme et la seule façon qu'il a trouvé de vivre c'est de rêver... Oui, j'aime la poésie... Mais seulement celles qui nous laissent réfléchir ou imaginer.»

Son petit discours terminé, elle regarda le ciel qui semblait de moins en moins de bonne augure. Il n'annonçait rien de bon.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:31 am    Sujet du message: Début de tempête

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