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Début de tempête
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Anis De Narin
Elève


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Joined: 30 Aug 2006
Posts: 29
Année: Première
Age: 16 ans
Extraction: Noblesse

PostPosted: Sat Sep 2, 2006 03:14 am    Post subject: Début de tempête Reply with quote

L’analyse de Rimbaud que venait de faire Louise était assez brillante, pour quelqu’un de son âge et de son sexe. En même temps, ce n’était pas dans les bars qu’Anis discutait poésie avec les demoiselles… Ou un autre genre de poésie. Il lui faudrait bien admettre qu’il était, lui aussi, un esthète de salon, se cultivant – un peu – pour paraître brillant. Pour l’instant, il n’était pas près de l’avouer…. Pour ne même plus y penser, il revint sur les paroles de Louise. Celles qui nous laissent réfléchir ou imaginer… Mais cette jeune fille était parfaite ! Bon, en même temps, la poésie laissait souvent imaginer… Elle était même là pour ça, non ?

Il scruta le ciel en même temps que Louise. Il se couvrait de plus en plus… Au passage, Anis nota qu’elle avait arrêté de tortiller ses cheveux. Cela le rassura car, par ce geste si féminin, il avait peur qu’elle ne veuille boucler ses cheveux. Elle était tellement jolie avec les cheveux raides ! Soudain, il vit son gant, celui qu’il n’avait pas mouillé, se couvrir d’une petite trace d’eau en forme de goutte. Il se leva et tendit la main à Louise, esquissant une petite référence comme une caricature de toutes ces bonnes manières qu’il respectait malgré lui, en lui désignant un banc sous un arbre, à quelques mètres de là.


« Mademoiselle… » dit-il d’une voix solennelle.

Une fois assis à l’abri, la conversation put reprendre, avec un sourire complice. Il ne savait pas vraiment pourquoi mais tendre la main à quelqu’un, même pour l’entraîner loin de la pluie, ça créait un petit peu des liens. Mais pouvait-il croire qu’elle l’appréciait avec cette expression de haine qu’elle avait eu, tout à l’heure ? Avec sa paranoïa somme toute assez normale, Anis se l’était immédiatement imputée. Il en avait souffert. Mais c’était mieux que du mépris. Alors il n’en avait rien laissé paraître et avait continué à sourire. Toujours charmant, toujours complice, toujours original… Juste un peu moins convaincu.


« Quel charmant mois de septembre nous avons-là ! Il ne mérite même pas que nous en parlions ! »

Il planta des yeux souriants – enfin ! – dans ceux de la demoiselle, en essayant de faire passer inaperçue l’inutilité de la remarque. Il ne parlait pas de la pluie et du mauvais temps mais de l’inutilité de parler de cela, il y avait une différence, une nuance qui faisait toute la subtilité, non ? Il n’arrivait même pas à se convaincre lui-même de ses propres arguments. Heureusement qu’il n’avait pas à convaincre Louise… Elle se serait aperçue de son incapacité de raisonner correctement sur certains sujets… Bon, en même temps c’était une cause indéfendable.

« Et sinon mademoiselle Dantois, que faites-vous dans la vie ? Vous devez être d’un bon milieu, si j’en juge votre analyse de Rimbaud. »


Il était revenu à son idée première. Comme elle était anodine, cette question, dans sa bouche ! Presque une convenance, tant il était sûr de la réalité. Comment aurait-elle pu ne pas être étudiante ?

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PostPosted: Sat Sep 2, 2006 03:14 am    Post subject: Publicité

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Louise Dantois
Elève


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Joined: 21 Aug 2006
Posts: 29
Année: Seconde
Age: 15 ans
Extraction: Petite bourgeoisie
Localisation: Mieux vaut ne pas le savoir...

PostPosted: Sat Sep 2, 2006 03:13 pm    Post subject: Début de tempête Reply with quote

Louise inspectait le ciel avec de plus en plus d'appréhension quand elle vit se lever le jeune homme et lui tendre la main. Elle regarda un instant cette main puis monta son regard jusqu'à celui du noble. Louise ne comprenait pas ce geste. Elle qui avait été toujours seule, même dans la douleur et la peine, cette main tendue juste pour de la pluie l'étonnait. Ramenant ses yeux sur la main, elle se troubla un peu. Que les nobles avaient des manières parfois si étranges... Il esquissa une révérence et Louise eut la vague impression qu'il se moquait justement de ses manières si cocasses de la soi-disant 'bonne société'. A peu près sûre de ce qu'elle devait faire, elle déposa délicatement sa main dans celle du noble et se dirigea avec lui vers le banc qu'il avait désigné peu avant. Le ton solennel qu'il avait utilisé pour l'enquérir avait fait rire intérieurement la jeune fille. Elle appréciait cette caricature qu'il faisait des convenances souvent ridicules, alors que d'un autre côté elle aimait également qu'elles soient également respectées.

Que de sentiments contradictoires qu'engage cet infime geste. Elle s'assit à l'abri tout en restant attentive aux faits et mouvements de son interlocuteur. Un sourire complice sur lequel passa une ombre avant de redevenir comme avant. Sans émettre un avis ou un doute, Louise se demandait néanmoins la source de ce changement infime mais bel et bien réel. Il pronoça une phrase qui ne voulait rien dire. Quand la demoiselle croisa les yeux d'Anis, elle y vit là un sourire bien agréable. Il lui présentait des yeux souriants. Les yeux de la jeune fille prirent le même éclat tout en appréciant les reflets roses que provoquait ce sourire chez le jeune homme. La pluie, le beau temps... Voilà des sujets peu intéressant qu'il ne valait mêm pas la peine d'énoncer, mais le fait que monsieur de Narin le souligne, était une chose... assez amusante. En fait, elle avait l'impression que cette phrase avait été dite pour ne rien dire... Une phrase qui ne servait à rien mais qui valait la peine aux yeux de ce gentilhomme d'être prononcée. Elle haussa des épaules.

Malheureusement il posa une mauvaise question. Ce qu'elle faisait dans la vie ? De la prostitution, à part ça, pas grand-chose... Elle ne recevait pas de livres de sa tenancière, Louise les demandait à ses clients qui croyaient qu'elle ne le faisait que pour bien se faire valoir à leurs yeux. Non, elle ne le faisait que pour elle seule, trouver un réconfort ou un plaisir dans les livres. Louise ne les trouva pas mais à la place elle acquit une certaine conaissance des gens. La jeune fille avait appris la vie extérieure à travers les livres de différents auteurs. C'est pour cela que la poésie n'était pas très présente dans sa culture, elle ne s'y était intéressée que de loin et avait lu quelques ouvrages, rien de très important. Ce n'était pas grâce à son milieu qu'elle savait analyser, c'était grâce aux expériences qu'elle avait vécues et à sa propre personne. Les dernières paroles du noble voulaient presque dire que quelqu'un qui venait d'une classe inférieure était un idiot.

Quoiqu'il en soit, la politesse exigeait qu'elle réponde à cette question plus que gênante à ses yeux. Louise ne savait pas mentir. Elle accordait beaucoup d'importance sur cette seule vertu qu'était la vérité, la sincérité. Elle était peut-être une catin, son âme était-elle déjà condamnée à l'enfer ou autre supplice éternel, mais malgré tout ça, ce n'était pas une menteuse. Mais elle n'allait quand même pas annoncer d'emblée qu'elle habitait la plupart du temps dans une maison close et qu'elle y travaillait consciencieusement. Elle allait faire très bonne impression... Louise imaginait déjà plusieurs réactions tout aussi terribles les unes que les autres. Du dégoût, de la haine, du mépris ou même pire... qu'il décide de l'ignorer à partir de ce moment.

Mais si elle ne voulait ni mentir, ni raconter la vérité, il fallait bien qu'elle trouve un moyen de répondre. Alors, elle utilisa ce stratège qui consiste à raconter la vérité mais omettre quelques menus détails.


« Oh, et bien... Je... Je travaille un peu, échangeant quelques services contre de l'argent et pendant mes moments libres, je lis quelques livres... Rien de...très excitant...»

Bon ce n'était pas un mensonge, mais on voyait bien au ton de sa voix que ce n'était pas la complète vérité non plus. Ce demi-mesonge -Louise est plutôt pessimiste- provoqua chez Louise un rougissement léger mais néanmoins évident sur son visage pâle rehaussé par ces couleurs. Elle fuya le regard du noble pour soudain trouver intéressante la contemplation de ses mains. Elle n'était vraiment pas fière de ce qu'elle faisait. Ce n'était vraiment pas glorieux à ses yeux mais elle le cacha fort bien et tenta tant bien que mal de ne pas se laisser trahir par une quelque émotion traversant ses pupilles parfois un peu trop expressives à son goût.
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Anis De Narin
Elève


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Joined: 30 Aug 2006
Posts: 29
Année: Première
Age: 16 ans
Extraction: Noblesse

PostPosted: Mon Sep 4, 2006 09:28 pm    Post subject: Début de tempête Reply with quote

Que pouvait bien faire Louise de ses journées ? Elle travaillait ! Anis n’aurait jamais pensé cela. Il craignit qu’elle ne soit vexée par son commentaire sur l’analyse de Rimbaud. Non, Anis ne pensait pas que les pauvres soient moins intelligent que les riches. Il soupira intérieurement. Quand les gens comprendraient-ils – car il avait raison, assurément – que c’était une question d’éducation ? Quelqu’un qui était allé à l’école et au collège était à coup sûr plus calé qu’un enfant qui avait à peine étudié ! Le travail apprenait peut-être la vie, mais moins souvent Rimbaud et Verlaine, Léonard de Vinci et les mathématiques… Choses qui étaient tout aussi importantes, pour Anis. Elles l’étaient, bien sûr, mais pas de la même façon. Comme aimaient à dire certains parents qui ne pouvaient offrir d’éducation à leur enfant, la littérature ne nourrit pas son homme. A part certains, si rares. Si seulement Anis avait été l’un d’entre eux.

Si Louise travaillait, elle ne devait pas être d’un si bon milieu que ça. Elle était donc naturellement brillante, ce qui n’était pas pour déplaire au jeune homme : il respectait plus le don que le travail. Ensuite, cela pouvait expliquer la robe : la jeune fille s’était peut-être ruinée, avait longuement économisé pour sa robe, mais n’était pas au courant des dernières modes des milieux aisés, et avait donc cousu une robe splendide mais qui était aussi courte que celles qu’elle pouvait porter dans sa famille, dans son quartier et dans son monde. Anis admirait d’autant plus la jeune fille, du fait qu’elle ne soit pas bourgeoise. Elle avait réussi à se sortir et là, elle arrivait à travailler : elle était assurément douée en de nombreux domaines et il ne pensait pas que lui-même ait réussi les mêmes choses.

Mais au ton de Louise, Anis se demandait ce qui clochait. Elle n’avait pas l’air vraiment naturel, en avouant qu’elle travaillait. Pas l’air à l’aise. A sa façon de dire, presque pour se justifier ou pour qu’il ne pose pas de question, que ce n’était pas excitant. Elle devait avoir honte d’avouer ses origines. Le jeune homme se dit que, lui, il n’aurait pas eu honte. Il n’arriva même pas à éprouver de la compassion face à cette brusque timidité : il ne pouvait pas se mettre dans sa peau, bien trop conditionné pour cela, et malgré lui, à son milieu d’origine. Être noble, même avec moins d’argent qu’avec, n’avait jamais rien eu de honteux. Au contraire. Alors, vraiment, il ne comprenait pas le rougissement de la jeune fille, ni le fait pourtant évident qu’elle évitait son regard, en inspectant ses gants ainsi
.

« Voyons mademoiselle Dantois, il ne faut pas avoir honte de son milieu. »

Il s’était gardé de prendre la voix sévère à laquelle il pensait d’abord, et avait adopté un ton gentil, pleine d’une compréhension qu’il n’avait pas lui-même et absente de condescendance, puisque les gens détestaient toujours ça. Il ne voulait pas la vexer encore.


« Il y a des gens pauvres très bien, vous savez… »
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Louise Dantois
Elève


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Joined: 21 Aug 2006
Posts: 29
Année: Seconde
Age: 15 ans
Extraction: Petite bourgeoisie
Localisation: Mieux vaut ne pas le savoir...

PostPosted: Mon Sep 4, 2006 10:28 pm    Post subject: Début de tempête Reply with quote

Louise se sentait mal à l'aise. Si mal à l'aise qu'elle enleva ses gants pour les déposer à côté d'elle et inspecter à leurs tours ses mains. Les premièrees paroles que le noble prononça atteignirent sans le vouloir en plein coeur de Louise. Ne pas avoir honte ? Comment ne pourrait-elle pas avoir honte ? Ses parents n'étaient que des entonnoirs. Elle leur donnait son argent qui disparaissait toujours bien vite. Son milieu n'était au fond pas si mal que ça, la petite bourgeoisie n'était pas les bas-fonds de Paris, mais c'étaient bien ses parents qui le rabaissaient. Son père, un homme qui n'avait jamais su ce contrôler et qui passait ses pulsions sur sa fille... Sa mère, ne pensant qu'à ses robes et ses bijoux et qui accueillaient des hommes en échange de l'argent derrière le dos de son mari... Son milieu ? Si elle ne savait pas bien se maîtriser, elle aurait éclater d'un rire nerveux.

A la deuxième phrase, elle se laissa guider par son instinct qui, sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit, la fit déposer sa main sur les lèvres d'Anis. Elle ne voulait plus l'entendre. Louise ne voulait plus sentir cette fausse compréhension que contenaient ses paroles. Dans un regard, elle le fixa et fit d'une voix ferme mais toujours aussi remplie de gentillesse :


« S'il vous plaît monsieur de Narin... Si ce n'est pour rien dire... Taisez-vous. S'il vous plaît...»

Ses yeux étaient pleins de détresse et elle espérait qu'il ne répondrait rien. D'un geste vif, elle enleva sa main nue et laissa son regard dans celui d'Anis, un regard empreint de tristesse mais de l'excuse qu'elle ne pouvait pas formuler tout haut. Louise aurait voulu s'excuser de son geste, du fait qu'elle ait déposé sa main sur les lèvres d'Anis -qu'elle avait trouvées très douces d'ailleurs. Les mots ne savaient pas dépasser ses lèvres, ils restaient dans sa gorge, coincés, confinés. La jeune fille remit très rapidement ses gants tout en se maudissant intérieurement. Mais elle se permettait vraiment tout aujourd'hui ! Pleurer en présence de quelqu'un, toucher un noble... C'était vraiment son jour ! Mais quel imbécile ! Quelle profonde idiote ! La pire des impolies !

Continuant ses insultes dans sa tête, elle regarda l'eau qui commençait à tomber. L'onde de la fontaine était troublée par les premières gouttes tombant des nuages. Cela la calma un peu et son esprit reprit peu à peu un cours normal. Elle inspira un grand coup et fit de réelles, du moins à ses yeux, excuses.


« Je...Je suis désolée... Je ne voulais pas... me montrer impolie... Mais... Je ne voudrais pas que vous vous imaginiez des choses sans savoir... sans connaître... toute la vérité.»

Elle avait hésité sur de nombreux mots. Louise ne savait pas comment expliquer, sans tout raconter. Son ton avait été hésitant mais toujours comme meurtri, comme si elle avait été blessée au fond d'elle-même. Louise n'avait jamais voulu utiliser ce ton-là mais sans le vouloir c'était le seul qui était parvenu à ses lèvres.
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