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Institut Estagiel
1875 - Une école élitiste qui renferme de bien sombres secrets...
 
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Première soirée à Estagiel
 
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Eglantine Lacroix
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MessagePosté le: Jeu Aoû 17, 2006 12:16 am    Sujet du message: Première soirée à Estagiel Répondre en citant

En ce début d’automne, le soleil était en train de se coucher et ses rayons filtraient à travers les larges fenêtres du couloir, diffusant leurs couleurs chaudes et dorées sur le sol en pierre.
Un bruit de pas se fit entendre. Régulier, il semblait annoncer l’arrivée d’une personne importante qui prenait grand soin de marquer bruyamment chaque enjambée. Une silhouette apparut devant la porte et se précisa peu à peu. Il s’agissait d’une femme au regard inquisiteur qui scrutait anxieusement les environs. Ses yeux balayèrent les murs, et s’attardant à la vue de chaque tableau.
Eglantine fit quelques nouveaux pas vigoureux avant de s’arrêter devant une œuvre particulièrement mise en évidence. Il s’agissait d’un portrait. Un homme aux yeux rougeauds et aux cheveux prématurément blancs était représenté. La jeune femme reconnut tout de suite le sujet : il s’agissait du directeur de l’établissement. La réalisation était également très soignée, et la nouvelle arrivante détailla chaque couleur, chaque relief, chaque texture avant de s’éloigner du mur. Ses connaissances dans le milieu des beaux-arts lui permettaient de porter un jugement qu’elle pensait de qualité sur ce tableau. Ses souvenirs replongèrent tranquillement vers son enfance, quand sa mère l’emmenait aux expositions artistiques.
La jeune femme s’approcha négligemment du rebord de la fenêtre et sortit une lettre pliée et repliée de sa poche. Elle enleva alors son gant droit d’un geste lent, puis caressa la surface rugueuse du papier avec ses doigts. Cette missive lui avait été envoyée par le directeur lui-même. Quelle n’avait pas été sa joie lorsqu’elle avait appris l’acquisition du poste de professeur de théâtre ! Quelque chose qui, avait murmuré son père, te conviendra parfaitement.
Comment cela ? avait-elle l’air fourbe ? La pomme ne tombe pas loin du pommier, songea t-elle dans le but de se délivrer de ses pensées moroses.
Agacée, elle relut rapidement la lettre qu’elle connaissait déjà par cœur et elle la replaça dans sa poche.
Peut-être allait-il être l’heure de dîner ? en attendant la sonnerie qui allait l’inviter à rejoindre la salle à manger, elle s’accouda au rebord de la fenêtre et admira les nuages baignés d’une lumière rose.
Comme il lui tardait de commencer ses cours ! et peut être allait-elle croiser les premiers arrivants lors du repas du soir...


[A qui le veut ^^]
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MessagePosté le: Jeu Aoû 17, 2006 12:16 am    Sujet du message: Publicité

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Armand Estagiel
Directeur


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Inscrit le: 11 Juil 2006
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MessagePosté le: Lun Aoû 21, 2006 02:20 pm    Sujet du message: Première soirée à Estagiel Répondre en citant

La première journée s'achevait, laissant présager de belles perspectives d'avenir. Tel le bon directeur soucieux du bien-être de ses chers élèves, Armand avait passé son temps à observer les pensionnaires qui affluaient dans le hall, pour se propager dans les couloirs et envahir toutes les pièces du château, et à écouter les petits rapports que les domestiques qui étaient de connivence avec lui venaient lui murmurer à l'oreille. Une armada de jeunes gens arrivait, les informations fusaient, parfois anodines, parfois révélatrices. Vétilleux au possible, Estagiel voulait tout savoir et tout voir pour organiser au mieux ses prochaines manœuvres. Quels pions sacrifier ? Quels pions utiliser ? Quels pions préserver ? Ses "cas spéciaux" se trouvaient désormais sous sa main et, à peine les possédait-il qu'il se demandait lequel serait "examiné" en premier. Pourquoi pas ce petit ingénu d'Anaël ? Il l'avait décidément trop supporté et les airs innocents qu'il arborait en sa présence l'agaçaient prodigieusement. Des êtres à l'esprit "sous-développé" comme celui-ci ne méritaient pas même de respirer… Une chance que l'intérêt de celui-ci soit rehaussé par ses exceptionnelles capacités… Trop exceptionnelles pour un début… Ne serait-ce pas un peu gourmand ? Mieux valait s'attaquer à des petits morceaux pour se mettre en appétit, l'important était d'en retirer le plis de plaisir possible…
Outre ces cobayes tout trouvés, il ne fallait pas oublier le reste du groupe, composé d'élèves aux caractères variés dont il fallait surveiller l'évolution. Quelques noms susceptibles d'éveiller son intérêt figuraient déjà sur sa liste. Les amitiés, mais surtout les tentions, se créaient et il lui tardait d'en connaître la suite, un peu comme une femme désoeuvrée attendrait fébrilement la parution du prochain chapitre de son auteur favori dans le journal… Un peu, car lui, il ne s'en tiendrait pas qu'au rôle du spectateur, il jouerait aussi celui du metteur en scène de l'ombre. Ce grand théâtre, ce microcosme lui appartenait.

Et c'est ainsi que, pleinement satisfait, Estagiel s'accorda une petite promenade, ou un état des lieux, dans le château. Le dîner serait servi sous peu mais il ne comptait pas le partager avec ses "sujets". Pas ce soir. Préservons lui son aura mystérieuse, elle lui seyait si bien… Laissons les élèves s'interroger sur son absence, son entrée ne les impressionnerait que davantage. Après tout, ce lycée était son œuvre, et un artiste devait savoir se faire attendre, se faire désirer de son publique. Les couloirs, qui n'avaient sans doute jamais connu de visites aussi effrénées en une seule journée retrouvaient momentanément leur calme, l'effervescence de ces centaines de nouvelles âmes s'étant dissipée pour quelques instants de repos, plus ou moins imposés, dans les chambres… Aucun impedimenta n'entrava donc le chemin bien droit tracé par la pas hiératique du fier homme. Lorsque son regard croisa le grand portrait qu'il avait commandé l'année passée un sourire infatué s'arqua sur ses lèvres vipérines. Peu de souverains pouvaient se vanter de posséder une telle prestance, il en était certain…

Quelques mètres plus loin, le directeur trouva enfin un point d'encrage. Une petite femme accoudée à une fenêtre se présenta à sa vue. Sa coiffure quelque peu démodée et ses cheveux décolorés lui permirent de l'identifier rapidement. Il s'agissait d'Eglantine Lacroix, le professeur de théâtre qu'il avait engagé quelques semaines plus tôt, il lui sembla d'ailleurs qu'elle repliait la lettre qu'il lui avait envoyé à la suite de leur entretient. Un entretient qui lui avait révélé une femme fort intéressante, au caractère bien affirmé… Il s'était promis de l'étudier davantage… La lettre froissée qu'il venait d'apercevoir représentait-elle beaucoup pour elle ? Une place attendue, désirée, espérée. Peu de femmes pouvait se vanter d'enseigner dans un lycée…Sans s'attarder sur la question, Armand se rapprocha de la belle, un sourire amène mais figé, au bord des lèvres. Quand leurs regards se croisèrent, il inclina respectueusement la tête et détourna les yeux pour admirer à son tour les dernières heures du jour. Quelques mots lui échappèrent :


Dans la voûte céleste, l'azure et le rose se déclinent et se confondent au moment où le souverain sanguin tombe lentement pour déposer un baiser d'adieu sur une colline lointaine… - Il détacha son regard du ciel pour se concentrer sur sa compagne. D'une voix faible, peut-être pour préserver le calme de l'instant, il déclara : - Le coucher du soleil est bien le seul spectacle qui ne puisse éveiller de lassitudes, n'êtes vous pas de mon avis Mademoiselle ? Je n'ai malheureusement pas eu la chance de vous croiser au cours de la journée… J'ose du moins espérer que votre voyage n'a pas présenté de fâcheux aléas et que votre installation s'est bien passée…
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Eglantine Lacroix
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MessagePosté le: Ven Aoû 25, 2006 11:51 am    Sujet du message: Première soirée à Estagiel Répondre en citant

[Pas beaucoup d’inspi, désolée T_T. J’ai attendu un peu avant de répondre mais c’est pas pour ça que j’ai eu plus d’idées. C’est bien court, donc.]

Encore à moitié plongée dans ses rêveries, Eglantine était en train de replacer le papier dans sa poche quand elle entendit des pas. Peu importe qui elle était, la personne l’avait sûrement vue. Le professeur de théâtre avait toujours détésté montrer ses vrais sentiments, aussi insignifiants soient-ils. Pour remédier à ce problème, elle se faisait passer pour une personne aimable, mais cette façade était fade et artificielle.
Un peu honteuse de s’être fait surprendre, elle jeta un regard mauvais par dessus son épaule et sursauta presque en voyant arriver le directeur de l’Institut en personne.
Un peu surprise, car elle ne l’avait pas aperçu depuis son arrivée, elle esquissa un sourire exagéré et hypocrite qui se dissipa quand elle se rendit compte qu’il venait se placer à ses côtés. Cela était étrangement désagréable, et la jeune femme eut un mouvement de recul imperceptible. En effet, Estagiel, malgré son charisme évident, dégageait une aura glacée qui perdurait encore plusieurs heures après son passage.


Il ne dit mot et se contenta de regarder le paysage. Le soleil avait presque disparu derrière l’horizon et le ciel était déjà bien sombre. Eglantine était tendue, angoissée, sans trop savoir pourquoi. Le silence de ce couloir était pesant, et le cri de quelque corbeau, loin de rompre la tension d’églantine, ne fit qu’accroître son angoisse.
Elle regarda le directeur du coin de l’œil. Il ne paraissait pas le moins du monde troublé, et il commença à parler, d’une voix basse et posée. Miss Lacroix se tut respectueusement, comme l’exigeaient les convenances, jusqu’à ce que le haut personnage aie terminé sa phrase.


-Le spectacle du coucher du soleil est très beau, en effet, dit-elle finalement, en prenant bien soin de ne pas contredire Estagiel, mais pas autant que ce château ! J’ai arpenté ses pièces durant une bonne partie de l’après-midi et je crois que je n’ai pas encore tout vu. D’ailleurs, je me demande… enfin, ce bâtiment a été construit récemment, non ? il est curieux de voir que certaines entrées sont déjà condamnées…
Enfin… elle eut un petit rire. Je suis bien curieuse. Oui, oui, ne vous inquiétez pas, fit-elle, mon voyage a été très agréable. Il faut dire que j’ai eu du mal à caser tous mes cartons de déguisements, mais vos domestiques étaient là pour les porter jusqu’à mon bureau. Je ne vous cache pas qu’il me tarde de commencer mes cours…

Elle sourit respectueusement, mais d'un air sincère, cette fois.
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Armand Estagiel
Directeur


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MessagePosté le: Mer Aoû 30, 2006 08:24 pm    Sujet du message: Première soirée à Estagiel Répondre en citant

Son arrivée impromptue ne fut pas pour satisfaire la jeune femme. Il s’en serait douté et le regard torve qui l’accueillit le fit rire intérieurement. Entrer en scène sans prévenir lui plaisait, s’imposer sans être désiré lui était fort agréable. Jeter un froid, comme on dit. Une Petite délectation perverse. Celui qui créait le malaise ne pouvait l’éprouver…Et, sous certain aspects, être à l’origine du silence soudain qui se formait autour de vous s’avérait très séduisant… Tout dépendait des situations, mais Armand avait bien trop confiance en lui pour paraître ridicule… Pour lors, il venait manifestement de troubler un instant de solitude que mademoiselle Lacroix ne souhaitait pas partager et, par la même occasion, de s’immiscer dans son « intimité »… En effet, cette simple lettre pouvait en révéler beaucoup sur son état d’esprit présent, sur ses désirs à venir et sa réaction prouva qu’elle n’était pas sans l’ignorer. Des faiblesses à cacher ? Une volonté de se montrer forte ? Alors pourquoi mettre en péril ces bonnes résolutions en s’affichant avec ce type de « détails compromettants » au beau milieu d’un couloir accessible à tous ? Il ne fallait pas chercher bien loin… Une petite sensibilité féminine devait en être la cause. Touchant, vraiment… La surprise « maîtrisée » qui se décela dans son attitude lorsque son identité lui fut révèle lui arracha un sourire froidement amusé… Eh oui très chère, votre importun est bien votre directeur… Qu’il était agréable de se trouver au sommet de la hiérarchie…

Mais la demoiselle ne se laissa pas submerger par ses émotions. Un sourire, trop forcé pour convaincre, lui permit de reprendre contenance. En apparence du moins… Estagiel sentait son malaise. Un malaise qu’il provoquait et qu’il se plaisait à préserver car même s’il s’invoquait pas la confiance il incitait au respect. Pour s’impatroniser, les grands mots n’étaient pas toujours nécessaires : il fallait avoir une présence imposante et réfrigérante car peu de personnes possédaient la force qui leur permettrait de se dresser contre de tels personnages, surtout si un quelque chose de maléfique complétait leur aura polaire… Beaucoup en revanche se laissaient attirer et souhaitaient gagner ses faveurs, fascinés par ses allures diaboliques et son assurance exceptionnelle. Mieux valait être son « ami » que son ennemi, on le comprenait rapidement et, avec le soutient d’une telle personne, on se sentait capable de tout faire… Quelle triste mentalité que celle de l’affidé...

Sa nouvelle, et charmante, compagnie ne semblait guère disposée à prendre la parole et attendait, tendue, la suite de cette oppressante rencontre. Ne souhaitant ni l’effrayer, et encore moins s’en faire détester, notre cher Armand engagea la discussion par un assemblage de pourcifs, se donnant ainsi l’image d’un directeur rêveur et soucieux du bien être de ses sujets. Ces premières paroles jetés, le professeur Lacroix sortit de son mutisme et il la laissa s’exprimer, un sourire des plus engageant imprimé sur ses lèvres. Elle semblait retrouver toute sa confiance au fil des mots, s’accordant même un rire qui paraissait presque naturel. Le regard carmin d’Estagiel brilla d’une lueur étrange, proche de l’amusement... Le jeu de la demoiselle lui fut facile à identifier, au milieu d’un discours qui, à priori, semblait parfaitement banal se dissimulait subtilement les informations qu’elle souhaitait obtenir et ceci, dès le début de l’entretient, devait-on mettre ceci sur le compte de l’imprudence ? Il devrait la tenir à l’œil... Et étudier davantage ses ambitions profondes…Sur un ton mystérieux il répondit :


Bien curieuse en effet… Et ma réponse ne saurait satisfaire vos attentes je le crains…- Ces phrases laissées en suspend démentaient presque le contraire. Il cherchait à la titiller, à la tester, pour mieux la jauger. D’une voix aimable, il poursuivit ensuite : - Mais tout d’abord, permettez moi vous contredire sur un détail : ce château n’est pas des plus récent, il date du XVe siècle. Aussi majestueux soit-il, l’Homme l’a laissé à l’abandon durant plus d’un siècle, il a donc fallut entreprendre des rénovations conséquentes… Je suis d’ailleurs ravi qu’elles vous plaisent et je me ferais un plaisir de vous en offrir la visite si vous le souhaitez cependant je ne verrais pas l’intérêt de vous mener aux sous-sols, puisque là semble se trouver votre intérêt premier… Ne vous torturez plus l’esprit pour si peu, l’explication est très simple : renouveler l’intégralité des cellules ne me semblait pas nécessaire et je préférais épargner à mes hôtes le triste spectacle qu’elles offraient…
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Célia Duberry
Invité


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MessagePosté le: Mer Sep 6, 2006 05:29 pm    Sujet du message: Première soirée à Estagiel Répondre en citant

Une légère brise s’engouffrait dans le couloir par une fenêtre restée ouverte.
Célia s’en approcha et la referma doucement.
Puis elle resta immobile, fixant d’un air vague la pelouse verdoyante du parc.

Cela ne faisait que quelques heures qu’elle avait débarqué dans ce « lycée » mais depuis qu’elle s’était assise dans ce wagon au départ de la gare de Lyon à Paris, une sentiment de mélancolie de la quittait plus.
Sur le quai de la gare, elle avait embrassé sa mère en pleurs puis était montée dans un train en partance pour Clermont Ferrand, là elle avait regardé défiler le paysage de Paris -ville qu’elle aimait par-dessus tout- les larmes aux yeux puis avait lu et relu le cœur serré la lettre que sa meilleure amie, Louise, lui avait envoyé depuis son pensionnat et qu’elle n’avait pas pu revoir avant son départ.

Puis le trajet en calèche avait été interminable et Célia avait eu tout le temps de penser à cette nouvelle vie qui s’offrait à elle. Lorsque sa mère lui avait annoncé la nouvelle, surexcitée, affirmant que c’était la meilleure chose qui pourrait lui arriver dans sa vie, Célia n’avait pas réalisé ce que ce départ impliquait : quitter sa famille et sa ville. Certes cela faisait un certains temps qu’elle était dans un pensionnat mais ce n’était pas aussi loin et elle pouvait revenir le week-end.

Elle avait accepté, ayant confiance en sa mère mais maintenant, elle regrettait de ne pas avoir insisté pour rester…

La première chose qu’elle aurait voulu faire en arrivant à l’institut était de monter dans sa chambre et de dormir jusqu’au dîner malheureusement elle ne savait pas où se trouvaient les chambres ni laquelle lui était attribuée. Alors elle marchait et découvrait ce château mais n’avait encore croisé aucun élève et cela l’étonnait.

« Comme ce château est froid » pensait-elle « J’ai l’impression d’être complètement seule, même le chant des cigales m’insupporte ! »

Peut être devrait-elle retourner dans le hall ou elle avait laissé ses affaires… Célia se retourna et reprit sa marche mais aperçut soudain, au bout du couloir où elle se trouvait, deux personnes, un homme et une femme. Vu leur taille, ils devaient sûrement être en terminale. Dotée d’une vue médiocre, Célia n’en voyait pas plus.
Elle s’approcha à pas lents et mesurés. Arrivée à quelques mètres, elle se rendit enfin compte que ce n’était pas des élèves, mais des adultes. Deux professeurs alors ?

« Bonsoir » dit elle en passant à côté d’eux avec un petit sourire poli et en inclinant légèrement la tête. Juste ce qu'il fallait de respect envers un professeur mais sans en faire trop.

Du coin de l’œil elle est les observa. La jeune femme était plutôt jolie et avait l’air sympathique mais lorsque son regard croisa le visage de l’homme, son sourire s’éteignit malgré elle. Elle fut tellement surprise parce que lui inspirait ce physique qu’elle en avala sa salive de travers et se mit à tousser.

Cet homme était glaçant !
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Eglantine Lacroix
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MessagePosté le: Ven Sep 15, 2006 09:38 pm    Sujet du message: Première soirée à Estagiel Répondre en citant

Quelque chose dans l'attitude du directeur choqua Eglantine. Il ne s'agissait pas de sa présence glaciale, non, ça c'était un fait auquel elle commençait à s'habituer . C'était autre chose, quelque chose de plus vicieux, de plus répugnant. Il semblait la jauger, la mesurer, lire à travers son jeu et ses actions pourtant ô si soignées et réfléchies. Son regard inquisiteur -avait-on déjà vu un homme aux yeux si singuliers ? Monsieur Estagiel n'était pourtant pas malvoyant- était posé sur elle, et le sourire de la jeune femme s'effaça. Elle mordilla ostensiblement sa lèvre inférieure, dans l'espoir qu'il comprenne son trouble, mais il n'en fut rien, au contraire. Conservant cet air toujours si serein et tranquille, il semblait prendre un malin plaisir à l'indisposer. Pourquoi ? pour tester son calme, sa patience ? pour voir combien de temps elle tiendrait ? Elle n'était pas un sujet d'étude, et l'irritation commença à prendre le dessus. La jeune femme ne fit aucun effort pour calmer cette montée d'adrénaline qui, après tout, était plus agréable que la crainte et le malaise. Elle fronça les sourcils.

-Arrêtez ça !

Les mots étaient sortis spontanément de sa bouche et ses yeux s'écarquillèrent tant sa stupéfaction était grande. Elle ! Le directeur avait accepté de l'engager dans ce noble établissement et elle avait osé lui donner un ordre... lui manquer de respect ! En temps normal, Eglantine aurait rétabli la situation par une pirouette, une pointe d'humour, ou tout simplement une excuse. Mais étrangement, elle jugea qu'Estagiel lui aussi était en faute, et qu'il le savait (même si il n'était pas du genre à s'auto-moraliser). Donc, ne préférant pas paraître indécise ou trop effacée, elle marqua un petit temps d'arrêt avant de l'inviter à poursuivre le fil de la conversation. Elle était quand même encore un peu troublée par sa propre audace et elle s'étonna que le chef de l'Institut continue naturellement sa phrase. Il retraça rapidement l'histoire du château, histoire qui présentait peu d'intérêt aux yeux de Mademoiselle Lacroix si ce n'était celui d'alimenter la conversation.

- Oh, je l'ignorais. Je comprends mieux. Je me demande tout de même à quel genre de spectacle vous faites allusion. Y avait-il des cadavres dans les cellules ?

Ayant tiré ce trait d'"humour", la jeune femme choisit de s'attaquer à une autre question qui l'intriguait réellement, un problème désagréable. Elle chuchota :

-Et, puis-je me permettre de vous demander pourquoi cet Institut accueille dans ses rangs des souill... des élèves de rang moins... noble ? Il seront à l'origine de beaucoup de problèmes, ils créeront des perturbations, ils retarderont le travail des plus méritants, des plus intelligents pendant les cours... Et quelle image les gens doivent-ils avoir de l'Institut en sachant quels genres de personnes le peuplent ?

Elle fronça le nez, et jeta un regard rapide à droite et à gauche, comme pour s'assurer que personne ne l'écoutait. En ces temps troublés, elle risquait même d'être accusée d'intolérance. Elle, intolérante ? Mais comment pouvait-on accepter que ces... cette vermine vienne détériorer la qualité sa vie ?

-Vous allez me dire, poursuivit-elle finalement, que le noyau de votre -notre- enseignement repose sur les talents des étudiants. Mais en quoi les miséreux et les mendiants ont-ils plus de talent que jeunes des lignées nobles ? Pourquoi être allé choisir des élèves parmi les classes sociales les moins aisées ? Après tout, cela implique que vous ayez eu connaissance des capacités de ces enfants, que vous vous soyez documenté dessus, bref, une perte de temps si l'enfant en question se révélait être un incapable. Et, souffla t-elle, une perte d'argent aussi. Car, comment payent-ils leurs cours ?

La jeune femme s'inquiétait en vérité sur la nature de son prochain salaire. Toujours aux aguets, elle tourna la tête violemment quand elle s'aperçut qu'une jeune élève était entrée dans le couloir. De nature plutôt effacée, la petite ne dit mot jusqu'à ce qu'elle arrive à leur niveau. Là, elle murmura un léger salut, et à la grande stupéfaction d'Eglantine, elle continua son chemin. La moindre des choses n'était-elle pas de saluer personnellement Monsieur le Directeur, de le complimenter sur la beauté du château et de venir engager la conversation ?

-Mademoiselle ! dit sèchement Eglantine, quoi voulait à présent prouver à Armand à quel point elle était efficace, venez venir ici je vous prie. Quel est votre nom ? Demanda t-elle sèchement. Ayez un peu de respect. Excusez-vous.

Sur ce, elle croisa les bras et attendit le mea culpa de Célia Duberry, adoptant d'un air sévère.
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Armand Estagiel
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MessagePosté le: Dim Sep 17, 2006 05:59 pm    Sujet du message: Première soirée à Estagiel Répondre en citant

« Arrêtez ça ! ». Exclamation soudaine, non préméditée, provoquée par le malaise, la peur, puis, finalement, la colère. Rien n’était plus agaçant, plus troublant, que de se faire fixer par un inconnu, hiérarchiquement supérieur, physiquement peu engageant, alors que le silence d’un lieu vidé de toute présence humaine vous enveloppait. Armand le savait et, pour cette raison même, il aimait montrer à ses interlocuteurs qu’il les sondait… Sa position dominante s’en trouvait accrue, car cette attitude laissait à penser que rien ne pouvait lui échapper, qu’il connaissait déjà tout du sujet. Et le sujet se sentait mis à l’épreuve. Entretenir une conversation banale pour préserver bien sagement sa place devenait alors secondaire. D’autres choses entraient en ligne de compte, il fallait prouver sa valeur, démentir les interprétations de l’observateur. Mais qu’elles interprétations était-ce ? Sachez que, dans une situation telle, le « sujet » supposera toujours que l’on voit en lui le côté de sa personnalité qu’il méprise le plus, ou qu’on lui attribue un caractère à l’opposé de ses désirs… En réaction, il poussera à l’extrême l’attitude qu’il estimera la plus représentative de sa petite personne et révélera ainsi ses craintes profondes et ses ambitions… Ignorant les enjeux, Eglantine avait suivi le schéma donné… Deux mots lui avaient échappé. Deux mots de trop puisqu’ils rimaient avec impatience, acrimonie, impulsion. Là étaient donc ses points faibles… Petites faiblesses qui pouvaient la secourir ou la perdre… Quelque chose lui disait qu’il pourrait en trouver d’autres beaucoup plus compromettantes…

Pour ce qu’il en avait vu, il dirait que cette jeune femme possédait un fort tempérament. Tempérament qui faisait office de carapace spirituelle autour d’un cœur trop vulnérable. Oui, en cherchant, il trouverait la faille…Un petit caprice l’encouragerait à l’écarter, à tout briser. Casser un être qui voulait se faire passer pour « fort » était extrêmement réjouissant, surtout si cela lui faisait cracher des confidences des plus intimes… Pas pour satisfaire une curiosité obscène et mal placée, mais pour les répéter sans cesse ensuite pour en faire la proie de la honte… Malheureusement, cette belle torture s’applique rarement, car les meilleurs spécimens sont aussi des personnes intelligentes, intéressantes et réfléchies. Des personnes dont la complexité de caractère ne lassent jamais et qui, par conséquent, méritent bien plus à être observé dans leur combat contre leur Moi profond et dans leur destruction. Parmi eux se trouvent ses alliés les plus précieux et Eglantine lui serait utile à l’avenir… Il souhaitait la connaître davantage… Ainsi, il ne releva pas son « rappel à l’ordre », et se contenta d’étirer les lèvres, sans qu’aucun message ne se dissimule derrière. Troublante indifférence. La jeune femme, confondue par son attitude, en fut décontenancée et Armand choisit ce moment pour prendre la parole, quittant ses airs froids pour diffuser un semblant de chaleur autour d’eux. Le professeur l’écouta, puis s’exprima à son tour, oubliant de s’excuser, sa fierté le lui interdisait et ce n’était pas pour lui déplaire, et s’autorisant même une petite pique. Elle prouva une fois de plus qu’elle savait tenir son rôle lorsque la situation l’exigeait et qu’elle souhaitait affirmer son indépendance… Tout ceci lui plaisait… beaucoup… Les yeux brillants de malice, il décida de suivre l’idée lancée en restant dans le registre de la plaisanterie, et en y ajoutant une touche de provocation…


Peut-être bien… Des cadavres démembrés, offrant leurs organes en décomposition à la terre humide qui les a vu agoniser… - Cette description peu ragoûtante fut prononcée sur un ton inquiétant. Mais le rideau qui présentait cette scène tragique tomba rapidement pour laisser place à une suite plus légère. – L’histoire des cellules doit receler d’anecdotes aussi charmantes que celle-ci. Hélas, la glorieuse époque des cachots est révolue depuis longtemps. Aujourd’hui, vous n’y trouverez qu’une saleté repoussante…

Eglantine quitta ensuite des airs faussement innocent pour parler de façon plus crue, ce qui n’était pas forcément judicieux dans l’immédiat, et ses regards furtifs sur le côté prouvaient qu’elle en avait conscience. Autre preuve de son caractère impatient. Elle aimait aller droit au but, sans emprunter trop de détours et obtenir des réponses claires à ses questions. Décidément, cette petite femme allait lui donner du fil à retordre s’il tenait à lui cacher le secret de l’institut… Ce qu’il ferait pour l’instant. Il ne commettrait pas l’imprudence de lui dévoiler ses projets aussi rapidement, même si l’intolérance qui se devinait facilement dans son discours lui permettrait peut-être d’épouser sa cause… Si elle ne savait pas faire preuve de patience et de prudence, il le ferait pour deux… Elle posait beaucoup trop de questions. Des questions dérangeantes auxquelles il se devait de répondre s’il voulait éviter toute tentative de recherche plus poussée… Il lui accorda une réponse posée mais étrangement catégorique :

Comme vous l’avez très bien supposé, ma réponse sera la suivante : ces miséreux ont un potentiel fort intéressant, un talent unique qui mérite à ce que l’on s’attarde dessus car si notre statut social est définit à notre naissance, il n’en va pas de même de nos capacités… - Un silence appuya cette déclaration. – Et ne vous souciez pas des problèmes financiers, la pension des plus aisés permet d’équilibrer celle, plus légère qu’ils doivent verser… Je comprends parfaitement votre agacement, et je ne vous demanderais pas de le traiter mieux que les autres, ni même au même titre, cette belle notion n’est qu’un sophisme, vous le savez... Cependant, observez les et, un jour peut-être, vous serez en mesure de comprendre… Dites-vous que ce mélange est intéressant en lui-même car il permet d’observer l’adaptation d’enfants des rues dans un milieu plus mondain et je vous avouerais que l’évolution de cette « expérience » me passionne… - Un petit sourire se dessina sur ses lèvres. -
Pour ce qui est des perturbations, je pense que vous êtes capable de les maîtriser. Occupez vous des plus riches et expulsez les autres si leur comportement importune le reste de la classe. –Il adressa un regard entendu à son interlocutrice.- Leur éducation est secondaire, nous ne nous encombreront pas des sujets qui ne sont pas suffisamment motivés ou doués pour suivre les cours proposés.

Ses paroles ne satisferaient peut être pas tout à fait la jeune femme mais il n’en dirait pas plus, et son attitude le faisait clairement comprendre… Nul ne sait si la discussion aurait pu prendre des allures différentes et s’engager sur un terrain qui leur aurait peut-être permis d’échanger leurs idées car l’arrivée d’une élève les interrompit. Une jeune fille qu’il ne connaissait pas de visage et qui devait, par conséquent, faire partie des élèves acceptés sur dossier car il y avait un petit quelque chose dans ses traits qui retenait l’attention… Un peu hésitante elle s’était avancée vers eux et les avait salué de façon très laconique, très affable. Que faisait-elle toute seule dans le couloir à cette heure ? Armand la considéra d’un œil terne. Le sourire poli de la jeune fille se résorba lorsqu’elle s’attarda sur lui et le choc lui fit visiblement avaler sa salive de travers… L’expression du directeur se fit ennuyée. Alors qu’il s’apprêtait à lui répondre, Eglantine saisit l’occasion pour lui montrer sa valeur. Comportement attendu. Avec intérêt, il la laissa agir. Sa petite intervention l’amusa beaucoup. Nous avions là un professeur sévère, inflexible et agressif… Et une telle image devait faire toute sa fierté… Tout était calculé… Silencieux, il attendit la réaction de la jeune fille avant de se manifester…
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:50 am    Sujet du message: Première soirée à Estagiel

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